Semaine Sainte à Mexico, la nouvelle pépite de l’ensemble Vox Cantoris

par | 13 Fév 2026 | 100% La Réole, À la Une, Tasse de thé culturelle | 0 commentaires

Contenu mis à jour le 14 février 2026

Il existe des oeuvres sonores qui ne sont pas seulement des enregistrements, mais des actes de révélation. Semaine Sainte à Mexico, le nouveau disque de l’ensemble Vox Cantoris, dirigé par Jean-Christophe Candau, appartient à cette catégorie rare. Derrière ces voix venues d’un autre temps, il y a une aventure humaine, archivistique et spirituelle qui relie la cathédrale de Mexico… à l’église de La Réole, en Gironde.

Car c’est ici, dans cette ville labellisée Art & Histoire de l’Entre-deux-Mers où j’ai le bonheur de vivre depuis bientôt un an, que l’un des ensembles les plus singuliers de la scène des musiques anciennes poursuit depuis près de vingt ans un travail de résurrection du patrimoine musical mondial.

Vox Cantoris, ou la quête de la “voix du chantre”

Fondé en 2000 par Jean-Christophe Candau, Vox Cantoris signifie littéralement « la voix du chantre » (chanteur dans un service religieux). Le nom n’est pas un hasard. Lui-même chanteur ténor pendant plus de trente ans au sein de l’ensemble Organum, référence mondiale dans l’interprétation des répertoires médiévaux, Jean-Christophe a été confronté à une question essentielle :

Qu’était réellement la voix des chantres d’église ?

Car ces musiques, aujourd’hui souvent interprétées comme de la musique de chambre, étaient à l’origine chantées dans des édifices immenses, derrière un lutrin, avec des voix capables de porter jusqu’aux voûtes.

« Je voulais répondre à cette question : qu’est-ce que la voix du chantre ? », explique-t-il.

Vox Cantoris logo

Vox Cantoris naît de cette recherche. Non pas pour reproduire le passé comme un objet de musée, mais pour retrouver un patrimoine vivant. Car au-delà des grands noms connus — Mozart, Bach ou Charpentier — des milliers d’œuvres dorment encore dans les archives des cathédrales, des monastères et des bibliothèques.

La mission de l’ensemble est claire : les réveiller et les partager.

La Réole, un ancrage inattendu devenu essentiel

Depuis 2007, Vox Cantoris a trouvé refuge à La Réole. Dans l’acoustique exceptionnelle de son église, l’ensemble enregistre ses disques et développe une activité de transmission qui a donné naissance, en 2008, au Festival de musiques anciennes de La Réole.

La Reole un ancrage pour Vox Cantoris

Ce choix n’était pas évident. Jean-Christophe Candau venait des Alpes-Maritimes, où les moyens existaient mais pas l’élan. À La Réole, il découvre autre chose : une ville modeste, mais prête à lui faire confiance.

« On m’a dit : donnez un concert. S’il y a plus de public que de chanteurs, ce sera déjà une réussite. »

Le concert attire 250 personnes. Le festival est lancé. La Réole devient un port d’attache. Un point d’ancrage d’où partira, quelques années plus tard, une aventure jusqu’au Mexique.

Le Mexique, ou la découverte d’un continent musical oublié

Tout commence en 2015, lorsque Vox Cantoris est invité au prestigieux Festival Cervantino, le plus grand festival d’Amérique latine. Sur place, Jean-Christophe Candau rencontre des musiciens, des étudiants et des musicologues qui lui ouvrent les portes d’un univers méconnu : celui des archives musicales des cathédrales de la Nouvelle-Espagne.

À Tepozotlán, près de Mexico, plus de 5 000 livres de chœur sont conservés. Des manuscrits gigantesques, parfois vieux de plusieurs siècles, contenant des œuvres jamais enregistrées.

L’accès à ces archives est complexe, soumis à des autorisations multiples. Mais grâce à des rencontres déterminantes, notamment celle de la chanteuse Iléana Ortiz et de plusieurs archivistes, Vox Cantoris parvient à consulter et copier une partie de ces trésors.

Ce qu’ils découvrent dépasse leurs espérances.

Dans quatorze livres polyphoniques, ils trouvent des œuvres consacrées à la Semaine Sainte, signées par des compositeurs largement inconnus du grand public : Antonio Rodríguez de Mata, Luis Coronado, Manuel de Sumaya ou Hernando Franco.

« C’était du Victoria puissance mille », confie Jean-Christophe Candau, en référence au grand polyphoniste espagnol Tomás Luis de Victoria.

Cinq années de travail pour faire renaître une musique disparue

Découvrir les partitions n’est que la première étape. Il faut ensuite les transcrire, les adapter à la notation moderne, les comprendre, les interpréter.

Car pour Vox Cantoris, il ne s’agit pas seulement de chanter ces œuvres, mais de retrouver leur sens profond.

À l’époque, pendant la Semaine Sainte, les théâtres fermaient. La musique disparaissait de la ville. Le seul lieu où elle subsistait était l’église. Les chanteurs, invisibles, enfermés dans le chœur, faisaient entendre des voix qui semblaient venir d’ailleurs.

Les fidèles ne voyaient pas les chanteurs. Ils entendaient la musique sans en identifier la source.

« Ils se demandaient : est-ce que ce sont des hommes… ou des anges ? »

Cette dimension spirituelle, mais aussi sensorielle, est au cœur du projet.

Il faudra cinq années de travail pour que ces manuscrits deviennent le disque Semaine Sainte à Mexico, enregistré à La Réole, à plus de 9 000 kilomètres de leur lieu d’origine.

Un disque français… qui restitue au Mexique une partie de son patrimoine.

Vox Cantoris : Semaine Sainte a Mexico

Psalmus, le label de “l’âme de la musique sacrée”

Ce disque, sorti le 13 février, est publié par Psalmus, maison de disques fondée par le chanteur Jean-Marc Vié, située à Bordeaux et soutenue par la Région Nouvelle-Aquitaine.

Sa ligne éditoriale est claire : explorer ce que Jean-Christophe Candau appelle « l’âme de la musique sacrée ».

Car toutes les musiques religieuses ne sont pas liturgiques. Vox Cantoris se consacre exclusivement à cette dernière : une musique fonctionnelle, conçue pour accompagner les rites, et non pour le concert.

« La musique liturgique est à la musique religieuse ce que l’icône est au tableau religieux », explique Jean-Christophe Candau. « Elle répond à des règles, à une fonction, à une tradition. »

Le nom Psalmus lui-même renvoie au psaltérion, instrument ancien accompagnant le chant des psaumes, textes fondamentaux de la liturgie chrétienne et juive.

Une manière d’affirmer un lien direct avec la source.

Une musique hors du temps, profondément contemporaine

Paradoxalement, cette musique ancienne résonne aujourd’hui avec une force particulière.

Lors des concerts au Mexique, le public filme, pleure, reste suspendu à ces voix venues d’un autre siècle.

Car dans un monde saturé de vitesse, cette musique impose un autre rythme. Une lenteur. Une présence.

Elle oblige à écouter.

À La Réole, ce travail prend tout son sens. Une ville discrète, loin des capitales culturelles, devient le lieu où renaissent des chefs-d’œuvre oubliés.

« C’est une musique inédite. Et La Réole est une ville inédite. Les deux se sont rencontrées. »

Semaine Sainte à Mexico n’est pas seulement un disque. C’est une passerelle entre les continents, les siècles et les consciences.

Et la preuve que certains trésors attendent simplement qu’on leur redonne une voix.

Semaine Sainte a Mexico - Psalmus

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Le site de Vox Cantoris

Le site de Psalmus

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