« Les Femmes prennent chair » : la performance habitée de Margaux Rambourg, entre danse, poésie, chant et résilience

par | 8 Mar 2026 | À la Une, Ovaires the rainbow, Tasse de thé culturelle | 0 commentaires

Contenu mis à jour le 8 mars 2026

Dire que l’article qui va suivre a pour moi une importance et une résonance toutes particulières est un euphémisme. D’abord parce qu’il parle d’une artiste qui m’est plus que chère : Margaux Rambourg, (dont j’ignorais qu’un jour elle deviendrait une des protagonistes de ma rubrique Tasse de Thé Culturelle), est ma fille aînée.
Ensuite parce qu’il paraît le 8 mars 2026, Journée Internationale des Droits des Femmes créée dans une perspective militante et non mercantile, comme certains voudraient le faire croire en la réduisant à la Journée de la Femme à qui on offre des fleurs ou tout autre objet marketing, une synchronicité lui donnant également toute sa place dans ma rubrique qui « cause des femmes » : Ovaires the Rainbow.
Et enfin parce que sa performance « Les Femmes prennent chair », dont le nom à double interprétation annonce d’entrée la couleur, sera présentée le 21 mars, à l’équinoxe de printemps, ce moment de l’année où la nature renaît.
Trois bonnes raisons, trois coïncidences qui n’en sont pas, de raconter une création artistique où la chair de ma chair, dans un travail intime et universel, parle justement de métamorphose, de résilience et d’incarnation.

La chair de ma chair

Le corps comme territoire de transformation, la genèse des Femmes prennent Chair

Le parcours de Margaux s’est construit très tôt autour d’une exploration du corps.
— « J’ai commencé le yoga à 16 ans. Dans une période troublée, ça a été une porte d’entrée vers une conscience du corps comme lieu de transformation. »

Une prise de conscience qui l’amènera à accompagner d’abord les femmes autour de la naissance, puis à élargir progressivement son travail aux différents passages de la vie.

Dans cette approche, le corps devient mémoire et langage, car comme elle le rappelle :

— « Le bassin est un lieu où se logent beaucoup d’émotions et de mémoires. À travers le mouvement, on peut libérer ce qui s’y dépose. »

Dans son parcours, Margaux a également intégré une pratique encore peu connue en France : le soin rebozo.
Issu d’une tradition mexicaine, ce rituel est historiquement proposé aux femmes après l’accouchement. Réalisé à deux praticiennes, il combine enveloppement, bercement et resserrage du corps à l’aide d’un tissu long et solide — le rebozo.
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— « C’est un rituel de passage. À l’origine il accompagne les femmes après une naissance, mais il peut aussi marquer d’autres moments de transformation dans une vie. »
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Ce soin symbolise une fermeture d’étape, un temps pour intégrer ce qui a été vécu avant de s’ouvrir à un nouveau cycle.
Dans le parcours de ma fille, le rebozo s’inscrit naturellement dans cette recherche autour du corps comme lieu de mémoire et de transformation.
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Du Rebozo à 4 mains au seul en scène Les Femmes prennent chair
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Yoga, danse, accompagnement des femmes et rituels corporels forment ainsi un même fil conducteur : écouter ce que le corps raconte et accompagner les passages de vie.
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Quand la danse devient un langage

La danse est entrée dans sa vie comme une évidence. D’abord la danse africaine, profondément libératrice, puis la danse contact/impro, la danse libre et contemporaine, avant la rencontre coup de foudre avec le tango.

— « Le tango demande une écoute très particulière. On peut danser avec quelqu’un venu de l’autre bout du monde et se comprendre immédiatement. »

Peu à peu, yoga et danse se rejoignent.
— « Ma pratique du corps nourrit ma danse. »

Une création nourrie par plusieurs langages artistiques

Si la danse est aujourd’hui au cœur de la performance, elle n’est pas la seule source d’expression de Margaux.

Avant d’explorer le mouvement comme langage artistique, elle a d’abord été musicienne. Cette sensibilité musicale continue d’habiter son travail.

Dans « Les Femmes prennent chair », la voix, le chant et le rythme du tambour occupent ainsi une place importante dans la traversée proposée au public.

« La musique fait partie de moi depuis longtemps. Dans la performance, la voix et le tambour sont comme d’autres manières de faire parler le corps. »

La poésie constitue également un fil essentiel du spectacle. Les textes, écrits par Margaux Rambourg, ponctuent la performance et ouvrent un espace d’expression plus intime.

« Les mots sont venus naturellement. La poésie me permet de dire ce qui ne peut pas toujours passer par le mouvement. »

Danse, chant, musique, poésie : « Les Femmes prennent chair » s’inscrit ainsi dans une démarche profondément pluridisciplinaire, où plusieurs formes d’expression se répondent pour raconter un même processus de transformation.

« Les Femmes prennent chair » : une métamorphose

Comme c’est souvent le cas dans le processus créatif, la performance est née d’un titre apparu comme une intuition.

— « Le titre est venu avant le reste. Pendant longtemps je ne savais pas ce que ce projet allait devenir. »

Deux ans de maturation seront ensuite nécessaires pour que la forme s’impose. Sur scène, danse, poésie, chant et rythme du tambour s’entrelacent dans une performance rituelle qui raconte un processus de transformation.
Les costumes deviennent des « peaux » que l’on quitte progressivement.
— « Il y a une mue. Une métamorphose. »

Le spectacle évoque les chemins de résilience.
— « La résilience n’est pas linéaire. Il y a des chutes, des redressements, des renaissances. »

 

Une expérience qui continue avec le public

La performance dure environ une heure, mais l’expérience peut se prolonger.
Après certaines représentations, Margaux propose un cercle de parole pour continuer d’intégrer l’expérience.
— « Le spectacle peut être une secousse. Il peut réveiller des mémoires ou des émotions. Le cercle permet aux personnes de poser des mots sur ce que cela a éveillé. »

Pour l’avoir déjà vu, je confirme, dixit la mère chez qui un travail intérieur a opéré pendant plusieurs jours.

Elle expérimente aussi des ateliers corporels, invitant les participant·e·s à explorer leur propre mouvement.
— « Mon intention est que chacune puisse s’approprier ce qu’elle vient de vivre. »

Vous l’aurez compris, Les Femme Prennent Chair est un espace où l’art devient soin, la performance devient rituel et le corps lieu d’empuissancement auquel vous pourrez assister sans tarder, puisque la prochaine représentation de Margaux aura lieu le 21 mars à la Colline Tirepé, à Gironde-sur-Dropt, à deux pas de La Réole, dans le cadre d’une soirée intitulée « Équinoxe au féminin ».

La Colline, ce lieu éc(h)o-responsable généreux, loin de l’agitation urbaine, sur le domaine de Tire Pé (producteur de vins biologiques), qui propose des soins, des activités et des évènements variés. Un projet collectif à la vision globale où la culture est au service du bien-être, de la (re)connexion à soi, aux autres et à notre planète.

Les Femmes prennent Chair Margaux Rambourg

Programme

17h — Les Femmes prennent chair
Performance suivie d’un cercle de parole.
Pause conviviale autour de pizzas bio au feu de bois.

20h30 — Juste une femme
Spectacle musical de Rachel de Bortoli et de son musicien, mêlant chansons à texte, humour et engagement féministe.

La jauge est volontairement intime, autour d’une trentaine de personnes. Arriver à l’heure est vivement recommandé.

Quand la vie se répond entre générations

La représentation aura lieu le 21 mars, au moment de l’équinoxe de printemps — cette période où la nature renaît.
Une date symbolique pour une œuvre qui parle justement de transformation.
Et pour moi, cette date porte aussi une petite lumière supplémentaire.
Car le 21 mars est aussi l’anniversaire de Yanni (bientôt 2 ans), mon petit-fils et le fils de mon fils, Dimitri — le frère de Margaux.
Comme si, ce jour-là, plusieurs mouvements de la vie se répondaient discrètement :

une artiste qui donne naissance à une œuvre, et un enfant qui rappelle que la vie continue de se renouveler.

Finalement, entre le 8 mars et le 21 mars, entre la mémoire des femmes et la promesse du printemps, il n’y avait peut-être pas de meilleur moment pour parler d’un spectacle qui nous invite, justement, à reprendre chair dans nos propres vies, et à faire un gros reset.

Infos pratiques

Soirée Danse/Concert : L’équinoxe au Féminin

📅 21 mars – 17h
📍 Château Tirepé – Gironde-sur-Dropt
Participation au chapeau
Public conseillé : à partir de 15 ans
📞 Réservation : 06 52 02 48 72

Suivre Margaux sur Instagram 

 

 

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