Astrologie : croyance bullshit… ou vraie grille de lecture de soi ?

par | 6 Avr 2026 | À la Une, Astrologie | 0 commentaires

J’ai décidé de créer une rubrique « astrologie » dans Jugeote. Voilà, c’est dit ! Et là, je vois déjà les regards en coin et les sourires sceptiques :  “Françoise Hardy sort de ce corps ! ” Je l’entends. Et ça ne me dérange pas du tout.
Parce que derrière l’image des horoscopes fumeux  et des prédictions à la madame Irma  il y a tellement plus. Quelque chose de plus ancien, de plus structuré, de plus profond aussi. Et chez moi, une tentative de comprendre, à la lueur des corps célestes, qui je suis et qui sont les autres. Une démarche amorcée depuis que je suis adolescente, (il y a donc trèèèès longtemps), où dès le lycée je faisais le thème de mes amis et où j’ai, en bonne uranienne à l’ascendant que je suis, entrepris de me former.

L'Astrologie discipline séculaire

Universum, Camille Flammarion, gravure sur bois, Paris, 1888 (colorisation par Hugo Heikenwaelder, Vienne, 1998).

L’astrologie, une histoire séculaire entre l’homme et le ciel

De fait, bien avant que l’astrologie ne devienne un sujet de débat ou de dénigrement, elle faisait partie intégrante des savoirs humains.

Dans la Mésopotamie, les premiers observateurs du ciel notaient déjà les mouvements des astres avec une rigueur impressionnante. Ils cherchaient des correspondances, des cycles, des rythmes, convaincus que le ciel et la Terre dialoguaient.

Ces pratiques ont traversé les siècles, se sont enrichies, transformées.

Chez les Grecs anciens, l’astrologie devient une réflexion sur l’ordre du monde.
Le ciel n’est plus seulement observé : il est pensé.

À cette époque, on ne séparait pas les disciplines.
L’astrologie, l’astronomie, les mathématiques et la philosophie formaient un tout cohérent.

Des figures comme Ptolémée (astronome, astrologue, mathématicien et géographe grec né vers 100 et mort vers 168 à Canope, et qui vécut à Alexandrie) ont structuré ces savoirs, tandis que l’astronome allemand Johannes Kepler (1571-1630) continuait encore, bien plus tard, à naviguer entre science et symbolique.

Ptolémée, le « Prince des astrologues », l’influenceur de toute l’astrologie occidentale.

L’astrologie n’était pas une curiosité marginale. C’était une manière de lire le monde.

Astrologie : science, croyance ou langage symbolique ?

Aujourd’hui, la question revient souvent : l’astrologie est-elle une science ?

Au sens moderne, non. Elle ne repose pas sur des démonstrations expérimentales reproductibles.

Mais la réduire à une simple croyance serait passer à côté de sa nature réelle. L’astrologie est avant tout un langage symbolique.

Un système d’interprétation qui associe les positions des astres à des dynamiques humaines.

Une planète ne “provoque” pas un événement. Elle symbolise une fonction, une énergie, une manière d’être.

Ce langage permet notamment de lire un thème astral, cette carte du ciel au moment de la naissance, utilisée pour explorer la personnalité, les contradictions, les potentiels.

Ce n’est pas une prédiction. C’est une lecture.

Astrologie, astro logos

Une approche qui a intéressé bien plus que des rêveurs

Cette lecture symbolique n’est pas réservée aux amateurs de mysticisme.

Le psychiatre Carl Jung s’y intéressait lui-même, y voyant une manière d’explorer les correspondances entre symboles, archétypes et psyché.

Pour lui, il ne s’agissait pas de croire ou non, mais de comprendre. De relier. D’interpréter.

Carl Gustav Jung et l'astrologie

Comprendre ce qui nous rend uniques

Un thème astral n’est pas un portrait général. C’est une cartographie singulière.

À partir d’une date, d’une heure et d’un lieu de naissance, il dresse la configuration précise du ciel à un instant donné. Une combinaison unique, qui ne se reproduira jamais à l’identique.

C’est en cela qu’il devient intéressant.

Il ne réduit pas une personne à un signe. Il met en lumière une structure, des tensions, des équilibres, des nuances.

Même dans le cas de jumeaux, dont les thèmes peuvent sembler très proches, les trajectoires de vie diffèrent. Parce que le thème n’est pas un destin figé, mais une grille de lecture. Il interagit avec l’environnement, les expériences, les choix.

Autrement dit, il n’explique pas tout. Mais il éclaire autrement.

Les jumeaux en astrologie

Romulus, Remus et leur nourrice – Jacques-Laurent Agasse (Genève, 1767 – Londres, 1849) –

Pourquoi s’y intéresser aujourd’hui ?

Je ne cherche pas à savoir ce qui va m’arriver demain. Heu, bon un peu quand même… Principalement, je cherche à comprendre ce qui se passe en moi.

Pourquoi certaines situations me bouleversent quand d’autres me laissent indifférente.
Pourquoi certaines personnes me semblent immédiatement familières quand d’autres me déconcertent, avec l’impression de ne pas avoir le décodeur.

L’astrologie devient alors un outil de connaissance de soi.

Elle permet de mettre des mots sur des ressentis, d’éclairer des contradictions, de comprendre des élans ou des blocages.

Elle ne remplace rien. Elle complète.

Comprendre la diversité humaine

Mais ce qui me fascine le plus, ce n’est pas seulement moi.

C’est les autres.

Astrologie et archétypes

Pourquoi ce qui est évident pour moi ne l’est pas pour quelqu’un d’autre ?
Pourquoi certains ont besoin de stabilité quand d’autres étouffent dans la routine ?
Pourquoi certains ressentent tout intensément, quand d’autres gardent une distance flegmatique ?

L’astrologie rappelle qu’il n’existe pas une seule manière d’être au monde.

Elle introduit de la nuance là où nous avons tendance à simplifier.

Elle invite à faire un pas de côté.
À ne pas réduire l’autre à ses propres repères.

Une lecture dans le temps : le prévisionnel

On ne peut pas faire totalement l’impasse sur la question du temps. Passé… Présent… Futur…

L’astrologie ne se limite pas à une photographie figée.
Elle s’inscrit dans des cycles, des mouvements, des évolutions.

C’est là qu’intervient le prévisionnel. À ne pas confondre avec le prédictif.

Se connaître et s'orienter grâce à l'astrologie

Il ne s’agit pas d’annoncer ce qui va arriver, mais d’observer des périodes, des dynamiques, des climats plus propices à certaines expériences.

Et là ça passe notamment par l’étude des transits — les mouvements actuels des planètes — ou encore des révolutions solaires, qui permettent d’éclairer les grandes tendances d’une année.

Non pas pour enfermer dans un scénario. Mais pour donner des repères.

Entre lucidité et curiosité

Alors non, je ne crois pas aux horoscopes. Pas à ceux qui résument une journée en trois phrases.

Mais — et j’assume cette contradiction — il y en a un que je lis.

Celui du Courrier International, signé par le très atypique astrologue (auteur et musicien ) américain Rob Brezsny (Cancer comme moi).

L'astrologie a bonne presse au Courrier International

Parce qu’il ne ressemble pas aux autres.
Parce qu’il est écrit comme une chronique.
Parce qu’il est littéraire, parfois poétique, toujours subtil.

Un horoscope qui ne cherche pas à prédire, mais à suggérer.

Le seul, peut-être, qui inspire et donne envie de réfléchir plutôt que d’adhérer.

Une rubrique… et un prolongement

C’est aussi dans cet esprit que cette rubrique existe.

Et qu’elle ne restera pas seulement théorique.

Au fil des articles, je proposerai d’aller plus loin, de manière plus personnelle, à travers la lecture de thèmes astraux, enrichie par ces approches prévisionnelles.

Pas pour dire ce qui va arriver.
Mais pour mieux comprendre ce qui se joue.

Je ne crois pas aux horoscopes, mais je regarde le ciel.

Pas pour y trouver des certitudes. Mais pour continuer à poser des questions.

Sur moi. Sur les autres. Sur cette diversité humaine qui nous rend à la fois si différents et profondément liés.

Et si cette rubrique existe aujourd’hui, c’est simplement pour ça : mieux se comprendre pour mieux vivre ensemble.

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