West Side Story 2021, l’héritage de Leonard Bernstein

par | 19 Déc 2021 | À la Une, Tasse de thé culturelle | 1 commentaire

Je pense que Steven Spielberg a conscience de la dette envers Shakespeare pour la dramaturgie, Leonard Bernstein pour la musique et Stephen Sondheim (récemment décédé) pour les paroles. Personnellement j’ai toujours eu du mal avec les comédies musicales qui tombaient à mon goût assez vite dans le « cul-cul la praline ».
Sauf que j’avais découvert la version de 1961 de West Side Story par ma mère qui aimait ce film. A l’époque ce qui m’avait accroché, c’était les mélodies qui n’avaient rien de sirupeux contrairement à d’autres. Aujourd’hui, la version de Spielberg, en plus de bénéficier d’une bande musicale qui a traversé les décennies pour devenir des classiques des classiques, a réussi à lui donner une dimension très actuelle. Un tour de force qui, à mon avis, ne peut que réunir les anciens et les modernes et dont j’ai fait ma dernière tasse de thé culturelle !

West Side Story 2021 et le désarroi des WASP ou l’effet Trump

West Side Story une tonalité particulière

Les Jets face aux Sharks © 21th century Fox.

Certes l’action se passe dans les années 50, la 1ère version se voulant contemporaine de son époque, mais au sortir des années Trump et les relents nationalistes, le film prend une tonalité particulière autour du désarroi du petit blanc qui voit son territoire se réduire comme peau de chagrin. D’ailleurs le film s’ouvre sur la destruction de tout un quartier au départ occupé par les migrants européens.

Tony le héros, de son vrai nom Anton membre des Jets (les blancs), est polonais avec une grand-mère Portoricaine. Tout le film tourne autour de ça, à savoir l’absurdité des cloisonnements ethniques. Shakespeare parlait des Montaigu et des Capulet, Ici ce sont les Latinos vs les Wasp (abréviation de White, blanc, Anglo-Saxon, et Protestant = modèle valorisé)…

Mais le problème est le même. Et de ce côté-ci de l’Atlantique, il suffit de remplacer Latino par Maghrébin et vous voyez tout de suite le rapprochement.

L’espoir d’une génération

Chacun a peur de se faire remplacer et la peur entretient le fantasme. Alors que la mixité, ce n’est pas la dissolution des individus et de leur culture, mais la multiplication des cultures et de fait la pérennisation des origines par la transmission entre les humains.

Le couple Tony/Maria est le symbole de tout ça. Ils offrent l’espoir d’une nouvelle génération qui combinent les
cultures qui semblaient s’opposer.

West Side Story 3

Ansel Elgort aka Tony et Rache Zegler aka Maria – © 21th century Fox.

Je me souviens d’un prof de ciné à la fac qui disait que Spielberg n’aime pas les américains. Il ne les aimaient pas dans le sens de leur « beaufferie », leur fermeture, alors qu’il a, je pense, une vraie affection pour l’enfance du peuple américain, celui des banlieues uniformes.

Regardez E.T, et regardez les plans d’invasion touristique de la station balnéaire d’Amity au début des Dents de la mer

Maîtrise et casting bien senti

Le film ne m’a pas forcément frappé par ses numéros chorégraphiés. Je n’ai pas eu le sentiment de prouesse, mais n’étant ni danseur, ni chanteur, je reconnais que la difficulté de chaque scène me reste inconnu, Je me suis laissé bercé par l’apparente facilité, la fluidité des séquences dansées-chantées.

West Side Story 2021 -2

Ariana DeBose aka Anita et David Alvarez aka Bernardo – © 21th century Fox.

Les chansons sont les mêmes que la version d’origine, mais la maîtrise de la mise en scène reste bien présente, avec un casting très bien trouvé, ce qui fait que les 2h25 passent toutes seules, dans un kaléidoscope de couleurs très plaisant. Perso, je conseillerais d’abord de voir celui de 61 puis celui de 2021 pour apprécier à leur juste valeur les deux films.

Les deux versions de West Side Story

West Side Story version 1961 et 2021.

Lien Arte replay du doc sur « West Side Story : Le Hit de Leonard Bernstein ».

 

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1 Commentaire

  1. Simon Eric

    voila une petite chronique extrêmement bien ficelée et instructive mettant à l’honneur ce genre cinématographique, la comédie musicale. Ha ! Fred Astaire, Ginger Roger, Gene Kelly, Rita Hayworth quel monde merveilleux qui faisait briller les yeux, l’âge d’or d’Hollywood.

    Je dois avouer que je ne fus jamais attiré par Wide Side Story peut être trop acidulé rose Bombons mais Frédéric Bruguet pourrait me donner envie d’y regarder d’un peu plus près. Avec cette nouvelle mouture plus moderne Spielberg nous fait passer un message toujours aussi universel et actuel si bien développé par Frédéric.

    Ma tasse de the culturelle : Wasp

    Saviez vous que l’auteur de romans fantastiques HP Lovecraft était très proche de ce mouvement ultra conservateur, il est née à Providence dans l’état du Rode Island, un état peu recommandable pour toute personne n’étant pas blanche dans les années 1900.

    Et puis impossible de ne pas parler du groupe de glam métal WASP ( que j’adore ) qui délaissera très vite le glam pour un heavy métal plus incisif.

    Bonnes fêtes à tous.

    Réponse

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