Des chiffres et des faits à pleurer : Maltraitance animale, vous avez dit bestial ?

par | 28 Nov 2022 | BestiÈre | 3 commentaires

Victor Hugo disait : « L’enfer n’existe pas pour les animaux, ils y sont déjà « . En parcourant mon Sud-Ouest quotidien ce matin, et même si on ne le sait que trop, j’en ai eu une sinistre piqûre de rappel. Avec la photo grand format de une d’un chien au regard triste derrière un grillage, et le titre : Maltraitance animale, des chiffres qui font mal, accompagnés de l’info qu’en cinq ans, les cas de maltraitance sur des animaux domestiques ont augmenté de 30%, j’ai dérogé à ce que d’ordinaire je ne m’inflige pas parce que ça me broie le coeur. Et je ne vous parle pas de l’épreuve pour trouver à mon tour une photo pour illustrer mon coup de sang (qui n’a fait qu’un tour) et mettre en lumière une situation (une de plus) qui ravale une partie de l’humanité au rang de barbares.

La maltraitance animale en cruelle progression

Sévices graves, mises à mort, abandons…  les faits odieux à l’égard des chiens et surtout des chats se multiplient.

Pour faire face à cette maltraitance animale endémique, le ministère de l’Intérieur a annoncé la création d’une unité d’enquête spécialisée soutenu par la mise en place d’un « certificat d’engagement et de connaissance» désormais obligatoire depuis le 1er octobre 2022 pour l’adoption d’un animal.

Avec pour mesures répressives en cas de comportements abusifs de sanctionner par ce qui touche le plus la majorité des individus… le porte-monnaie, ou encore, dans les cas plus graves, la privation de liberté.

Mesures pour éliminer la Maltraitance animale

Mais là, difficile de faire de la médiation et de la réparation comme il est question dans cet article, puisque les victimes n’ont pas la parole. D’où la raison d’ailleurs de la rubrique BestiÈre/Animots de Jugeote :

ÊTRE LEUR PORTE-VOIX.

Une violente réalité qui fait mâle

Je ne ferai pas la liste de ce que sont capable de faire subir de véritables tortionnaires (je n’ai pas pu tout lire) à mettre majoritairement, désolée, mais c’est comme ça, au masculin, puisque 8 fois sur 10, comme le précise l’enquête de Sud-Ouest :

Le portrait robot  de l’auteur type est un homme plutôt âgé et résidant davantage à la campagne que dans les communes de plus de 5 000 habitants. L’Allier, la Lozère et la Creuse trustant en la matière le podium, quand bien même la prise en compte des animaux d’élevage, forcément peu présents en milieu urbain, explique en partie cela.

Des infos nuancées par Franck Rastoul, procureur général de la cour d’appel de Toulouse qui vient de créer le premier pôle judiciaire dédié à la maltraitance animale :

Je crains hélas que ce phénomène soit transgénérationnel, avec autant de femmes que d’hommes impliqués. Dans les procédures, nous retrouvons également pas mal de jeunes influencés par les réseaux sociaux ou certains rappeurs déviants. Alors faisons preuve de nuance, et ne stigmatisons pas plus les campagnes que les cités, les jeunes que les vieux, les chasseurs qui adorent leur chien et ceux qui les laissent à l’abandon, les bons ou les mauvais éleveurs.

Autre indicateur inexorablement à la hausse, celui des abandons, dont le nombre est estimé à plus de 100 000 chaque année par les associations de protection. La France gagnant la médaille d’or du record du nombre d’abandons en Europe.

Et la crise sanitaire, tout comme la crise économique actuelle et la dérive des réseaux sociaux, comme évoqué plus haut, où des fêlés du casque, du coeur et de l’ego se sentent exister en exhibant leur perversité, ne vont pas arranger les choses.

Autre phénomène affligeant dénoncé par la SPA, l’effet de mode condamnant certains chiens comme le berger belge ou australien ou le Malinois – plus adaptés à la vie au grand air qu’à un deux-pièces sans balcon, à être sur-représentés derrière les grilles de l’association de protection animale.

Donner pour aider à aider

Mais au milieu de toutes ces horreurs qui viennent en rajouter à l’état chaotique du monde, je voudrais mettre l’accent sur ce que l’on peut faire pour aider ceux qui vont déguster dans leurs cages exposées à des températures extérieures glaciales.

Or pour tenir chaud à nos amis à poils pas assez protégés contre la morsure du froid,  vous n’êtes pas obligés de tricoter comme le fait Maisie Green, une mamie anglaise de 89 ans qui n’a pas eu peur de confectionner pas moins de 400 couvertures et de petits pulls au profit de l’association Dogs Trust.

Crédits : Dogs Trust

Non, il suffit juste, comme vous y invite John Snow et toutes les associations et refuges de protection animale, de donner les couvertures, couettes, serviettes et draps dont vous ne vous servez plus.

Une autre maniere de reduire la maltraitance animale avec John Snow

Et c’est ce que je vais faire, via le salon de coiffure de mon amie gradignanaise Chantal, qui, sensible à la cause animale comme il y en a heureusement beaucoup, récolte de la pâtée et des friandises qu’elle amène à la SPA de Mérignac*.

 

La maltraitance animale, une infraction pénale comme les autres

Afin de clore cet article et désamorcer les critiques de ceux qui considèrent qu’il y a assez de chats à fouetter (rien que cette expression en dit long) dans notre société et qu’il y a d’autres priorités, je laisserai la parole extraite de l’article de Sud-Ouest à Franck Rastoul :

J’en entends en effet me rappeler que les tribunaux sont déjà engorgés, que je suis bien gentil mais qu’il conviendrait d’abord de s’occuper des humains. Sauf que c’est un faux débat. Encore une fois, ce sont des infractions pénales comme les autres, et il n’y a aucune raison de laisser ces êtres vivants sur le bord de la route. Il n’y a pas des formes de violence, il y a une violence. Je ne dis pas que tous les gens qui martyrisent leur chien martyrisent leurs enfants, mais quelqu’un qui se comporte de la sorte a intrinsèquement des pulsions de violence ou de perversité en lui.

Photo de Une © Défendons les animaux

Lien vers le journal Sud-Ouest pour lire l’enquête en entier ICI.

*Chantal Coiffure – 15 Rue du Moulineau – 33170 Gradignan – De 10h à 17h du mardi au vendredi et le samedi de 10h à 13h.
En cas d’absence, les poches peuvent être déposées devant l’entrée.

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3 Commentaires

  1. Eric Simon

    Comme toujours sur Jugeote un article remarquable, un article coup de poing et qui fait mal. Rien de nouveau, rien d’étonnant, rien n’a changé sinon un peu plus d’ écœurement. Maltraitance animale, stigmate d’une société en perdition mais qui nous renvoie à cette réflexion sur cette violence, cette cruauté, ce mépris pour ce qui vit. Finalement tout ceci n’est il pas inhérent à la nature humaine ?
    Tauromachie et coup de sang lors de mes derniers échanges avec des amis proches. J’ai senti cette indifférence et toujours la même rengaine « il y a des choses plus importantes » comme si la souffrance pouvait attendre.

    Création d’une division de 15 enquêteurs, policiers et gendarmes, chargés spécifiquement de la lutte contre la maltraitance animale qui est en forte augmentation..nous verrons avec le temps, pour l’instant nous devons nous en remettre aux bonnes âmes de tous les jours qui œuvrent sans faire de bruit pour apaiser la souffrance de nos amis à poils comme Chantal ou Maisie Green et ceux dont la voix peut se faire plus forte comme notre ami Francis Feytout.

    Pour ma part j’applique l’une des recommandations de la SPA je n’adopte pas car je n’en ai point les moyens et c’est toute l’ironie de cette conclusion car combien de personnes adoptent car ils en ont les moyens et cela finit en maltraitance.
    Une fois de plus la sensibilité d’Isabelle nous fait partager son émotion et son espoir qu’un jour cela s’arrêtera…peut être.

    Réponse
  2. Isabelle Camus

    Oui à tout ce que tu as listé Éric ! Et en effet, avoir un animal est une responsabilité qui n’est pas à prendre à la légère. Céder à une impulsion engage pour plusieurs années et c’est un budget, comme tu le soulignes.
    J’ignore les chiffres de la maltraitance animale à Bordeaux et plus largement en Gironde. Continuons à oeuvrer pour le bien-être animal, contre-poids à la barbarie de certain.es, cultivons notre humanité vis-à-vis de nos compagnons qui nous donnent tellement !

    Réponse
  3. Romain

    Merci Isabelle de mettre en avant ces chiffres… Y a encore du chemin à faire

    Réponse

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