Il a grandi dans le luxe, fréquenté les palaces et la jet-set, dirigé une entreprise de 1 600 salariés à 23 ans, connu les revers de fortune et finalement choisi de laver des vitres en Gironde. À 49 ans, Julien Gex publie son premier roman, Tout ce que nous étions, aux Éditions La Nuit des Rois. Derrière ce parcours pour le moins atypique, il y a une histoire d’amitié, une promesse faite à une mère disparue trop tôt et une rencontre inattendue avec un libraire réolais devenu son éditeur. Rencontre avec un homme qui a traversé plusieurs vies sans jamais perdre de vue l’essentiel.

Julien Gex : des palaces parisiens aux carreaux réolais, l’incroyable vie derrière un premier roman
À La Réole, beaucoup connaissent Julien Gex. Ou plutôt, ils pensent le connaître. C’est le monsieur qui vient nettoyer les vitres, celui qui travaille seul, avec son matériel, son savoir-faire et sa bonne humeur. Un artisan parmi d’autres, en somme.
Sauf que derrière le laveur de carreaux se cache un homme qui a connu les suites à plusieurs milliers d’euros la nuit, les voitures de luxe, les voyages à Saint-Barth, les soirées mondaines et les déjeuners d’affaires avec les directeurs des plus prestigieux hôtels parisiens.
Un homme qui a aussi connu la chute. Et qui, aujourd’hui, n’échangerait pas nécessairement sa vie contre celle d’autrefois.
Car Julien Gex a une particularité : il a fréquenté les deux côtés du miroir. Et il en a tiré quelques enseignements.
Une enfance dorée, entre deux mondes
Né en 1977 dans les Hauts-de-Seine, Julien grandit dans une famille où l’argent ne manque pas. Mais où il ne signifie pas la même chose pour tout le monde.
Ses parents se séparent avant son premier anniversaire. Il vit avec sa mère et retrouve son père pendant les vacances.

Du côté maternel, on appartient à une bourgeoisie cultivée, installée entre Neuilly-sur-Seine et la Bourgogne. Sa grand-mère a été premier sujet à l’Opéra de Paris, promise à une brillante carrière de danseuse avant d’y renoncer pour s’occuper de son mari, revenu de la guerre amputé d’une jambe.
Son grand-père, entrepreneur dans l’ingénierie, possède une vaste propriété à Maligny, près de Chablis. Une maison avec un parc, un étang, du personnel et de grandes réceptions où se côtoient sans distinction les associés, les amis et les employés.
« Il n’y avait pas de notion d’argent. Même s’ils en avaient beaucoup, ils respectaient les gens comme ils étaient. »
Du côté paternel, l’histoire est plus mouvementée. Un arrière-grand-père banquier suisse qui aurait englouti sa fortune au casino, une famille passée de l’opulence à la pauvreté, puis un père qui va connaître une spectaculaire réussite entrepreneuriale.
Ce dernier, doté d’un physique qui lui vaut d’être régulièrement pris pour Alain Delon, est un homme charismatique, élégant et terriblement généreux. Mais aussi un flambeur.
Julien se souvient notamment d’un anniversaire pour lequel son père avait privatisé un hôtel à l’île Maurice et invité une cinquantaine de personnes, voyage compris, pour quinze jours de vacances.
« Mon père était très dépensier. Mais c’était un flambeur pour les autres. »
Deux familles, deux histoires, deux façons d’envisager la richesse. Et un petit garçon qui ne manque matériellement de rien.
Mais auquel il manque quelque chose d’essentiel : des racines.
L’enfant qui ne restait jamais assez longtemps pour se faire des amis
Car l’enfance de Julien est aussi celle d’un éternel déménagement.
Le Bouscat, Bordeaux, la Bourgogne, Londres, Boulogne-Billancourt, Caudéran… Au gré des activités professionnelles de son beau-père, la famille change régulièrement de résidence.
À Greenwich, il fréquente le lycée français de Londres et devient parfaitement bilingue, au point de rêver en anglais.
Mais chaque nouvelle installation signifie une nouvelle école, de nouveaux camarades et, souvent, une nouvelle difficulté à trouver sa place.
« J’étais habitué à tout le temps bourlinguer. Je n’avais jamais vraiment d’amis. Au bout d’un moment, tu sais que tu vas repartir, alors tu n’essaies plus de créer des liens. »
À Bordeaux, son passage à Grand Lebrun, établissement privé catholique, ne laisse pas un souvenir impérissable. Parisien, nouvel arrivant, peu familier du catéchisme, il peine à s’intégrer dans un univers dont il ne maîtrise pas les codes.
Puis sa famille s’installe dans une ferme à rénover, à la campagne, près de Langon.
Pour cet adolescent habitué aux beaux quartiers, c’est un choc.
Et son arrivée au collège Jules-Ferry va lui réserver quelques surprises.
Le petit bourgeois débarque à Langon
Imaginez la scène.
Un adolescent fraîchement arrivé de Grand Lebrun, vêtu d’une chemise blanche, d’un short en flanelle et de mocassins, fait sa rentrée dans un collège où ses camarades portent jeans, baskets et survêtements.
« J’avais l’impression d’arriver d’une autre planète. Pendant quinze jours, j’étais l’attraction foraine ! »
Julien ne comprend même pas, au départ, ce qui provoque ces regards étonnés. Pour lui, on ne va tout simplement pas à l’école habillé comme pour faire du sport.
Il finit par adopter les codes vestimentaires locaux. Mais son intégration reste fragile.
Jusqu’à un voyage scolaire en Espagne.
Par un heureux concours de circonstances, il se retrouve avec des élèves appartenant au groupe des adolescents les plus populaires du collège. Ils sympathisent. Et, du jour au lendemain, tout change.
« Je suis passé de celui qu’on oubliait sur les photos de classe à quelqu’un qui avait la meilleure place à la cantine, dans le bus… Les filles me regardaient autrement. Pourtant, moi, je n’avais pas changé. J’appartenais simplement au bon groupe. »
Cette expérience va profondément le marquer.
Pour la première fois, Julien a des amis. De vrais amis. Ceux avec lesquels on partage les premières sorties, les soirées, les confidences, les vacances, les quatre cents coups.
Ceux qui vous donnent enfin le sentiment d’appartenir à quelque chose.
À Langon, les années lycée deviennent les plus belles de sa jeunesse. Il y rencontre notamment Charlotte, avec laquelle il noue une amitié qui traversera les décennies.
Les fêtes se succèdent, les soirées au Koala, discothèque locale, aussi. La maison familiale devient un lieu de rassemblement où sa mère et son beau-père accueillent volontiers toute cette joyeuse bande.
« Je serais prêt à donner beaucoup d’argent pour revivre ces années-là. C’était magique. »
Cette période constitue aujourd’hui une part essentielle de la matière autobiographique de son roman.
Mais la vie, justement, ne va pas tarder à lui rappeler qu’elle n’est pas toujours une fête.
Une promesse à sa mère
Julien obtient son baccalauréat économique et social du premier coup, puis s’inscrit à l’université.
Seulement voilà : la liberté estudiantine et les plaisirs de la nuit l’attirent davantage que les amphithéâtres.
Il faut dire que le jeune homme a depuis longtemps développé une véritable fascination pour la vie nocturne.
Lui qui, enfant, avait peur du noir est devenu un authentique oiseau de nuit.
Mais sa mère aurait aimé lui voir emprunter un autre chemin.
Car Julien possède depuis l’enfance une imagination débordante. Petit garçon souvent seul au milieu des adultes, il inventait des personnages, des histoires, des univers. Les rédactions et les dissertations étaient pour lui un terrain de jeu.
Il a même envisagé de devenir journaliste.
Sa mère, convaincue de ses dispositions littéraires, l’encourage à poursuivre dans cette voie.
Lui préfère l’économie, avec l’idée de devenir entrepreneur comme son père.
Elle lui glisse alors une phrase qui va l’accompagner toute sa vie :
« Julien, je pense qu’un jour tu devrais écrire un livre. »
Il lui en fait la promesse.
Peu après, sa mère meurt d’un cancer. Il n’a que 22 ans.
La promesse, elle, reste quelque part dans un coin de sa mémoire.
Pendant plus de vingt ans.
À 23 ans, 1 600 salariés et les clés des palaces parisiens
Entre-temps, Julien a rejoint son père dans une aventure entrepreneuriale qui va prendre des proportions considérables.
Ensemble, ils développent un groupe spécialisé dans le nettoyage professionnel, notamment l’entretien des établissements hôteliers.
Leur grande innovation ? Rationaliser les tâches, former les équipes et proposer aux hôtels une prestation complète, depuis les femmes de chambre jusqu’aux gouvernantes générales.
Le groupe décroche notamment des contrats avec les hôtels de Disneyland Paris, puis avec de prestigieux établissements de la capitale.
Hyatt, Raphaël, Marriott Champs-Élysées… Le portefeuille s’étoffe jusqu’à représenter, selon Julien, quelque 70 hôtels.
À seulement 23 ans, il se retrouve à la tête d’une structure employant 1 600 personnes.
Il supervise la qualité des prestations, les recrutements, les relations sociales, le centre de formation et les relations commerciales.
Les journées sont chargées, les responsabilités considérables.
Et les avantages à la hauteur.
« J’avais un très gros salaire, une belle voiture, un bel appartement. Je baignais dans ce milieu. »
Déjeuners d’affaires, événements prestigieux, sponsoring sportif, séjours luxueux… Julien évolue dans un monde où tout semble possible.
Mais il découvre aussi la superficialité de certaines relations.
« J’avais plein de gens autour de moi qui me disaient que j’étais beau, intelligent, parfait. Mais je connaissais la vacuité de leurs propos. »
Et lorsqu’il retrouve ses amis de Gironde, il retrouve surtout ce qui lui manque à Paris : la sincérité.
Dans les coulisses du luxe, une autre humanité
Il y a pourtant un aspect de cette époque que Julien raconte avec une émotion particulière.
Ce n’est pas le champagne, les suites somptueuses ou les personnalités croisées dans les palaces.
Ce sont les femmes de chambre.
Celles qui se lèvent à l’aube, traversent la région parisienne en transports en commun, travaillent quelques heures pour un salaire modeste avant de rentrer s’occuper de leurs enfants.
Celles qui lui apportaient parfois des plats cuisinés, lui racontaient leur vie et le considéraient presque comme un membre de leur famille.
« Je pouvais passer une heure avec une mama africaine qui avait six enfants et deux heures de transport, puis monter à l’étage prendre une coupe de champagne avec un directeur d’hôtel. »
Deux mondes qui se côtoient sans vraiment se rencontrer.
D’un côté, les salons feutrés, les tapis épais, les chambres impeccables.
De l’autre, les couloirs de service, les chariots, les monte-charges et les équipes invisibles qui font fonctionner la machine.
Julien connaît les deux.
Et il insiste sur ce qu’il considère comme l’une des grandes réussites de son père : avoir permis à des salariés, parfois arrivés sans parler français, de se former et de progresser jusqu’à occuper des postes à responsabilité.
« Il a réussi à donner de la noblesse au nettoyage. »
Une phrase qui prend tout son sens lorsqu’on connaît la suite de son histoire.
De l’Everest à la chute
Car les affaires finissent par se compliquer.
Des difficultés de gestion, des problèmes financiers et un contrôle mettent en péril l’entreprise familiale. Une procédure collective est engagée et un repreneur entre en scène.
Julien reste quelque temps dans la société, avant de quitter une organisation dont il ne partage plus les méthodes de management.
Le contraste est brutal.
Il perd son statut, son salaire, son appartement de Levallois-Perret et une grande partie du confort auquel il était habitué.
Avec Virginie, sa compagne, il trouve refuge chez sa belle-mère, en région parisienne.
« Du jour au lendemain, je suis passé du costume trois pièces et des chaussures Berluti aux bottes et au jogging pour nettoyer les boxes des chevaux. »
Il tente de rebondir en créant une nouvelle entreprise de nettoyage, puis en développant son activité entre Paris et Bordeaux.
Mais cette seconde aventure connaît elle aussi des difficultés.
Et Julien doit une nouvelle fois repartir de zéro.
Cette fois, il prend une décision radicale.
Il continuera dans le nettoyage, mais seul.
Plus de salariés à gérer, plus de lourdes responsabilités, plus de nuits à se demander comment payer les charges et faire tourner une entreprise.
Il devient artisan indépendant, spécialisé notamment dans le nettoyage de vitres.
Et découvre un luxe inattendu : la tranquillité.
« Quand je rentre chez moi, j’ai fini. Je me pose. Je n’ai plus de nœuds à l’estomac. »
Une autre définition de la réussite.
Virginie, celle qui a connu toutes ses vies
Dans cette succession de hauts et de bas, une personne n’a jamais quitté le navire : Virginie.
Ils se sont rencontrés il y a environ vingt-cinq ans, dans une discothèque parisienne.
Elle a connu les vacances à Saint-Barthélemy, les séjours à Saint-Tropez, les beaux vêtements, les défilés de mode et les privilèges d’une existence fortunée.
Puis les difficultés financières, les déménagements et les nouveaux départs.
« Elle m’a toujours aimé pour ce que je suis, pas pour ce que je représente. »
Ensemble, ils ont traversé les périodes fastes comme les plus compliquées.
Ils n’ont pas eu d’enfant ensemble, mais Julien a participé à l’éducation du fils de Virginie, qu’il a connu à l’âge de six ans.
Aujourd’hui, ils partagent leur quotidien entre leurs activités professionnelles et une petite ménagerie composée de trois chats, deux chiens et un cheval.
Une vie moins clinquante, mais manifestement plus apaisée.
Et c’est dans cette nouvelle existence qu’une vieille promesse va refaire surface.
À trois heures du matin, un roman prend naissance
Il y a environ deux ans, Julien commence à songer sérieusement à écrire.
Pas pour devenir célèbre. Pas pour gagner de l’argent. Encore moins pour ajouter une ligne prestigieuse à son parcours.
Simplement pour raconter une histoire inspirée de sa jeunesse et rendre hommage aux amis qui l’ont accompagné.
Une sorte d’ode à l’amitié, destinée initialement à quelques proches.
Un matin, à trois heures, il se réveille avec une idée presque entièrement construite.
Sur la route de ses chantiers, il enregistre ses pensées sur le dictaphone de son téléphone.
Puis, de retour chez lui, il les retranscrit.
« Je n’ai pas connu le syndrome de la page blanche. C’était plutôt le contraire. Ça coulait tout seul. »
Il écrit une trentaine de pages dès le premier jour.
Le manuscrit grossit. Il change de construction, abandonne une première version reposant sur des retours en arrière, recommence et cherche comment donner à son récit une dimension plus romanesque.
Car il ne veut pas simplement raconter sa vie.
Il veut construire une histoire, avec des personnages, des tensions, une intrigue et une fin capable de surprendre le lecteur.
Un mélange d’autobiographie et de fiction, sur fond de thriller.
Et c’est précisément cette dimension qui va séduire ses premiers lecteurs.
Quand le laveur de carreaux rencontre son éditeur
L’histoire pourrait presque figurer dans le roman.
Depuis des années, Julien nettoie les vitres de clients avec lesquels il entretient des relations amicales.
Un jour, au détour d’une conversation, il confie à l’une de ses clientes qu’il a écrit un manuscrit.
Grande lectrice, réputée exigeante, elle insiste pour le découvrir.
Julien hésite. Elle vient justement de critiquer sévèrement un écrivain reconnu.
Il finit par accepter.
Quelques jours plus tard, elle le rappelle, enthousiaste. Puis elle transmet le texte à sa fille, poétesse, qui partage son avis.
Encouragé, Julien envoie son manuscrit à plusieurs maisons d’édition parisiennes.
Les réponses sont mitigées, certaines encourageantes, d’autres négatives.
Et puis, un jour, il évoque son livre avec un autre client.
Un certain Laurent Desrois.
Le libraire de La Nuit des Rois, à La Réole.
« Pour moi, Laurent était libraire. Je ne savais pas du tout qu’il était aussi éditeur ! »
Laurent demande à lire le manuscrit.
Quelques semaines plus tard, il lui annonce que le texte l’intéresse. Mais qu’il faudrait l’étoffer.
Une trentaine ou une quarantaine de pages supplémentaires.
Julien reprend donc son travail, développe les personnages et les situations, veille à la cohérence chronologique et affine son intrigue.
Un exercice qu’il découvre bien plus complexe qu’il ne l’imaginait.
Puis Laurent donne son accord.
Les Éditions La Nuit des Rois publieront Tout ce que nous étions.
Une rencontre entre deux hommes qui se connaissaient professionnellement depuis des années, sans imaginer qu’ils allaient un jour se retrouver autour d’un projet littéraire.
Et la preuve qu’une histoire peut parfois commencer là où on l’attend le moins : entre une raclette à vitres et une tasse de café.
Tout ce que nous étions : l’amitié, la lumière et la part d’ombre
Mais de quoi parle exactement ce premier roman ?
La question n’est pas si simple, reconnaît Julien.
Car Tout ce que nous étions emprunte à plusieurs genres.
C’est une histoire de jeunesse, d’amour, d’amitié et de souvenirs.
C’est aussi le parcours d’un homme confronté à des événements qui vont bouleverser sa perception du monde.
Et c’est, progressivement, un récit plus sombre, où les certitudes vacillent et où la psychologie des personnages prend une place grandissante.
Julien distingue trois mouvements dans son roman.
D’abord, la lumière. Celle de l’adolescence, de l’insouciance, de l’avenir qui semble s’ouvrir à l’infini. Une atmosphère que suggère d’ailleurs la couverture du livre, avec ses personnages tournés vers l’horizon.
Puis vient le temps des désillusions, lorsque le héros découvre que la vie n’est pas toujours aussi généreuse qu’il l’imaginait.
Enfin, une troisième partie explore des sentiments plus troubles, des réactions moins prévisibles et cette part d’ombre qui peut surgir chez chacun.
Sans dévoiler l’intrigue, Julien pose une question centrale :
« Comment réagit-on face à un drame qui ne vient pas de notre fait ? Sommes-nous tous égaux devant la douleur, devant la perte ? »
À travers son histoire, il interroge aussi les notions de liberté, d’égalité et de fraternité, la place du hasard, les déterminismes sociaux et la façon dont chacun affronte les épreuves.
Un roman nourri de souvenirs personnels, mais qui revendique pleinement sa part de fiction.
Et dont la fin, paraît-il, mérite qu’on ne lâche pas le livre avant la dernière page.
Des amis d’hier aux lecteurs de demain
Si Julien espère que son roman trouvera son public, ce n’est pas pour renouer avec les paillettes.
Il estime en avoir suffisamment connu.
Ce qui compte pour lui, c’est que les lecteurs s’attachent aux personnages.
Parce que derrière plusieurs d’entre eux se trouvent des personnes bien réelles, des amis qui ont traversé sa vie, partagé ses joies, ses peines, ses réussites et ses difficultés.
Des amis qui, malgré les kilomètres et les années, ont toujours répondu présent.
« J’aimerais que les gens apprécient ce livre pour les personnages qui sont dedans. Ce sont des gens profondément humains, généreux, qui ont le cœur sur la main. »
Il aimerait aussi, si les lecteurs sont au rendez-vous, donner une suite à leur histoire.
Mais sans précipitation.
Pour l’instant, il savoure simplement le fait d’avoir mené son projet à terme.
« J’ai tenu ma promesse. Je l’ai fait. »
Et cette phrase-là, à elle seule, raconte peut-être davantage que toutes les histoires de fortune et de réussite.
Tous les gens intéressants sont importants
En refermant notre entretien, je repense à cette formule qui accompagne Jugeote depuis ses débuts :
« Tous les gens importants ne sont pas intéressants, mais tous les gens intéressants sont importants. »
Julien Gex en est une illustration presque parfaite.
Il a connu les puissants et les anonymes, les salons des palaces et leurs sous-sols, les fortunes considérables et les fins de mois difficiles.
Il a appris que les apparences pouvaient être trompeuses, que les relations intéressées ne résistaient pas toujours aux revers de fortune et que certaines amitiés valaient bien davantage que tous les privilèges.
Aujourd’hui, il lave des carreaux.
Et alors ?
Il aime son travail, sa liberté, sa femme, ses animaux et ses amis.
Il a écrit un livre.
Il a tenu une promesse vieille de plus de vingt ans.
Et il nous rappelle, à sa manière, qu’une existence ne se résume jamais à ce qu’on voit de l’extérieur.
Derrière une vitrine, il peut y avoir bien plus qu’un reflet.
Et derrière celui qui la nettoie, toute une histoire à découvrir.
Rendez-vous avec Julien Gex à La Réole
Après une première soirée de lancement organisée le 17 octobre chez C’du Vin, Julien Gex retrouvera ses lecteurs vendredi 13 novembre 2026 à la librairie La Nuit des Rois, à La Réole, pour une rencontre et une séance de dédicaces ouvertes à tous.
L’occasion de découvrir Tout ce que nous étions, son premier roman publié aux Éditions La Nuit des Rois, de rencontrer son auteur et d’échanger autour d’une aventure littéraire qui ne fait peut-être que commencer.




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