*Ma charte d’utilisation de l’intelligence artificielle
L’intelligence artificielle est en train de transformer les métiers de l’information, de la communication et de la création de contenus. Comme toute innovation majeure, elle suscite des interrogations, mais aussi de formidables opportunités.
En tant que journaliste, rédactrice, communicante, community manager et consultante en relations presse, j’ai choisi de l’intégrer à ma pratique professionnelle avec enthousiasme… et discernement.
Je considère l’intelligence artificielle comme une collaboratrice numérique : un outil d’assistance capable d’accélérer certaines tâches, de stimuler la réflexion, de proposer des pistes, de faciliter la structuration d’un texte ou d’élargir un champ de recherche. Elle me permet de consacrer davantage de temps à ce qui fait le cœur de mon métier : enquêter, rencontrer, observer, analyser, vérifier, raconter et créer du lien.
Mais une collaboratrice, aussi performante soit-elle, ne signe pas à ma place.
Chaque article, communiqué de presse, dossier de presse, stratégie de communication, newsletter, publication sur les réseaux sociaux ou contenu éditorial que je réalise demeure le fruit d’un travail humain. Les informations sont vérifiées, les sources recoupées, les textes relus, enrichis et, bien souvent, profondément réécrits.
Il m’arrive également de corriger l’intelligence artificielle. Comme tout outil, elle peut se tromper, simplifier à l’excès, manquer de nuances ou méconnaître un contexte local, historique, culturel ou humain. Son efficacité ne dispense jamais d’un regard critique ; elle le rend, au contraire, encore plus indispensable.
Je tiens aussi à préserver ce qui ne s’automatise pas : mon ton, mon style, ma sensibilité, ma ligne éditoriale, mon expérience du terrain, ma connaissance des acteurs et des territoires, ainsi que la relation de confiance construite au fil des années avec mes lecteurs, mes clients, les médias et mes partenaires.
La photographie fait également partie intégrante de mon travail. Les images qui accompagnent mes reportages, articles et publications sont, dans leur immense majorité, mes propres photographies, réalisées sur le terrain. Je ne fais appel à l’intelligence artificielle pour créer une illustration que lorsque je ne dispose d’aucun support visuel pertinent ou lorsqu’il s’agit de représenter une idée, un concept ou une scène impossible à photographier. Ces situations restent exceptionnelles et les illustrations concernées sont signalées lorsque cela est nécessaire.
L’intelligence artificielle peut proposer des mots ou des images. Elle ne possède ni mémoire vécue, ni intuition, ni responsabilité. Elle ne remplace ni une interview, ni une rencontre, ni un reportage, ni un regard de photographe, ni une émotion, ni une analyse, ni une conviction.
Je revendique un usage responsable de cette technologie : ni fascination aveugle, ni rejet de principe. L’innovation fait progresser nos métiers lorsqu’elle reste au service de l’intelligence humaine, de l’éthique professionnelle et de la qualité de l’information.
L’intelligence artificielle est une formidable collaboratrice numérique. Mais comme tout outil, sa valeur dépend avant tout de la personne qui l’utilise.
Car au bout de la chaîne, il reste toujours une signature. Et avec elle, la responsabilité qui l’accompagne.





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